La PPE3 est une étape importante et nécessaire de correction de trajectoire pour la stratégie énergétique française. Elle est née du retour d’expérience de plus de 15 ans de politique de transition qui a fait passer la réduction de la part du nucléaire avant le climat, l’environnement, la solidarité, la résilience et bien sûr la souveraineté, et dont le bilan est amer :
- 🔹Des gains mineurs dans la décarbonation du mix énergétique français;
- 🔹 Un système électrique fragilisé par un processus de déconcentration du réseau et la fermeture de centrales de pointe;
- 🔹 Des prix de l’électricité qui ont augmenté;
- 🔹 Un taux de dépendance énergétique qui ne s’améliore pas;
Pour les Voix la publication de cette PPE marque un tournant. L’association a été créée en 2018 dans le contexte de l’adoption de la 2nd PPE et en opposition avec l’inclusion d’un objectif de réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique français. Aujourd’hui, si cette PPE3 révèle de vraies avancées, elle nous engage aussi à :
- 🔹Poursuivre notre rôle actif au sein du CSPR de RTE dans le cadre de la mise à jour des Futurs Énergetiques qui, avec le retour d’expérience, servira à nourrir le point de revoyure de 2027;
- 🔹Soutenir la publication par notre partenaire l’institut TerraWater de la révision du scénario TerraWater d’ici à cette même échéance.
La PPE3 est une étape importante et nécessaire de correction de trajectoire pour la stratégie énergétique française. Elle est née du retour d’expérience de plus de 15 ans de politique de transition qui a fait passer la réduction de la part du nucléaire avant le climat, l’environnement, la solidarité, la résilience et bien sûr la souveraineté, et dont le bilan est amer :
🔹Des gains mineurs dans la décarbonation du mix énergétique français;
🔹 Un système électrique fragilisé par un processus de déconcentration du réseau et la fermeture de centrales de pointe;
🔹 Des prix de l’électricité qui ont augmenté;
🔹 Un taux de dépendance énergétique qui ne s’améliore pas;
Pour les Voix la publication de cette PPE marque un tournant. L’association a été créée en 2018 dans le contexte de l’adoption de la 2nd PPE et en opposition avec l’inclusion d’un objectif de réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique français. Aujourd’hui, si cette PPE3 révèle de vraies avancées, elle nous engage aussi à :
🔹Poursuivre notre rôle actif au sein du CSPR de RTE dans le cadre de la mise à jour des Futurs Énergetiques qui, avec le retour d’expérience, servira à nourrir le point de revoyure de 2027;
🔹Soutenir la publication par notre partenaire l’institut TerraWater de la révision du scénario TerraWater d’ici à cette même échéance.
PPE3 : l’annonce d’un changement de cap majeur
💠 Le replacement de la filière nucléaire au centre de la stratégie nationale de décarbonation grâce à :
- La fin de l’objectif de fermeture de réacteurs inscrit dans la PPE2;
- L’intégration de la nécessité de poursuivre l’exploitation des réacteurs au delà de 50 ans puis 60 ans;
- La confirmation du lancement de la construction des trois paires d’EPR2 déjà annoncées;
- La planification de la construction de 4 paires d’EPR2 supplémentaires;
💠 L’alignement du rythme de développement des ENRi à l’évolution de la demande, des conditions du marché, des limitations du réseau et des questions de rentabilité à travers :
- La mise en place d’un système d’appel d’offres pour les nouveaux projets d’installations de solaire, et d’éolien offshore et terrestre;
- L’attention particulière portée à l’empreinte environnementale et stratégique des ENRi;
- L’assurance de la capacité des filières à trouver un modèle de rentabilité pour lequel les aides financières publiques ont vocation à rester des mécanismes de soutien, temporaires, et non de maintien, permanents;
💠La mise en avant de l’électrification des usages comme composante clé de l’atteinte des objectifs de transition énergétique par :
- La fixation d’objectifs de consommation finale d’origine bas-carbone à 60 % d’ici 2030 (et à 70% d’ici 2035);
- L’identification des secteurs stratégiques et donc prioritaires : l’industrie, les transports, le bâtiment et le numérique;
💠La clause de revoyure prévue en 2027 :
Un élément important de cette PPE3, qui permettra d’adapter la trajectoire selon les besoins effectifs en énergie en fonction :
- De l’évolution de la consommation électrique;
- Du rythme effectif de développement des ENRi;
- De la disponibilité effective de la main d’œuvre;
- Des effets des dispositifs de soutien financier publics;
Ce que retiennent les Voix :
1. Des nouvelles orientations qui correspondent aux hypothèses du scénario TerraWater
Les Voix se félicitent des orientations prises par cette PPE sur le volet nucléaire, qui correspondent en grande partie aux hypothèses du scénario publié en 2023 notamment :
- L’extension de la durée d’exploitation des réacteurs existants, identifiée comme mesure essentielle pour faire face à « l’effet falaise » dû à l’absence de renouvellement du parc nucléaire français pendant près de 30ans;
- La construction en série de réacteurs permettant des gains de productivité et d’efficacité à chaque réacteur construit;
2. Un changement de cap en accord avec la réalité physique des technologies bas-carbone
L’introduction d’une structure de développement des ENRi par appels d’offres et les objectifs d’électrification des usages doivent être analysés à la lumière des conclusions de l’étude EDF sur l’impact de la modulation, publiée en février 2026.
En effet le surdéveloppement des ENRi, aggravé par la surreprésentation du solaire par rapport à l’éolien et couplé à une consommation électrique stagnante, force les réacteurs nucléaires à moduler au-delà des seuils de soutenabilité plutôt qu’à produire en base. Or, comme confirmé par le rapport d’EDF, cette situation entraîne des pertes pour l’opérateur et des coûts de maintenance accrus.
Cela étant dit, en attendant que l’électrification des usages permette une demande en électricité qui corresponde aux dimensions des moyens de production (car il faut rappeler que la France ne produit pas trop d’électricité, elle n’en consomme pas assez), les centrales françaises pourront continuer de compter sur l’export vers l’Allemagne pour assurer leur rentabilité.
3. Les limites de cette PPE
Son principal défaut reste son caractère politique. Les arbitrages répondent trop souvent à des impératifs électoraux (ex. : la protection des emplois dans les ENRi). Or, et c’est ce que les Voix ont toujours affirmé, l’insertion de considérations politiques dans les choix énergétiques a historiquement conduit à des orientations déconnectées des réalités techniques.
Les décisions en matière d’énergie doivent être fondées sur des critères techniques, pour répondre à des objectifs de politique générale : décarbonation, indépendance énergétique, réindustrialisation, etc. Pas l’inverse.
Cela se traduit notamment par un soutien artificiel dans la PPE à certaines filières qui peinent à trouver un modèle économique viable pour remplir leur fonction. En d’autres termes, si ces filières ne sont pas soutenues, elles ne survivront pas.
C’est notamment le cas pour la filière historique du gaz à travers des objectifs croissants d’injection de biométhane et biogaz pour maintenir le réseau de distribution.

