Le nucléaire est indispensable à la lutte contre le changement climatique

Aujourd’hui, 68% de notre consommation d’énergie totale, y compris électricité, est encore issue d’énergies fossiles et donc fortement émettrice de gaz à effet de serre. Notre électricité est, elle, déjà à 95% décarbonée, essentiellement grâce à la place prépondérante du nucléaire. Cette énergie ne représente donc que 17% de notre consommation énergétique totale et a une action positive sur la réduction de notre empreinte carbone. C’est un point de départ souvent oublié dans le débat sur la transition énergétique et sur les objectifs que s’est fixée la France de réduire ses émissions de gaz à effets de serre de 40% d’ici 2030.

Notre pays est le moins carboné du G7, et un des 10 pays les moins carboné de la planète, avant tout grâce aux plus de 70% de nucléaire dans notre production électrique. L’objectif que s’est fixé la LTE en 2015 de réduire cette proportion à 50% d’ici 2025 est donc à ce titre contre-productif. L’actuel gouvernement a d’ailleurs pris acte de cette réalité en admettant en novembre dernier que maintenir cette échéance ne se ferait qu’au « détriment de nos objectifs climatiques ».

S’acharner à remplacer une source d’énergie déjà décarbonée par de l’éolien ou du solaire (à l’empreinte carbone supérieure) ne peut, dans l’état actuel des techniques, qu’entraîner un recul, comme l’Allemagne et le Danemark nous en font démonstration. Compenser l’intermittence du solaire et de l’éolien, impose en l’absence de nucléaire a minima de maintenir les centrales au gaz et au charbon. Les partisans de l’éolien et du solaire misent sur l’évolution des technologies de stockage, de pilotage de la demande et sur la réduction de la consommation d’énergie mais ces hypothèses sur ce qu’on sera peut-être un jour capable de faire, et auxquelles j’adhèrerais bien volontiers, ont une probabilité de succès aujourd’hui très faible et surtout bien trop lointaine.

Si notre objectif est de réduire nos émissions, tous ces efforts déployés pour remplacer une énergie décarbonée par une autre, seraient bien mieux employés ailleurs. Sur les secteurs du transport (27,6% de nos émissions), du bâtiment (20,1%) ou de l’agriculture (18,7%) par exemple.

Nombreux « défenseurs de l’environnement » auto-proclamés perdent de vue ce qui devraient être leurs priorités au nom d’une idéologie anti-nucléaire qui se moque bien de l’environnement en général et du climat en particulier. A l’heure où le GIEC affirme et réaffirme que le nucléaire est indispensable à la lutte contre le changement climatique, il serait bienvenu que les réflexions sur la transition énergétique ne se transforment pas en un énième débat « pour ou contre l’atome ».