Où en est le Japon après Fukushima ?

Cet encadré est un résumé de deux documents :

  • Le secteur électrique japonais après Fukushima, sur site géopolitique-électricité
  • Le plan hydrogène japonais, ou comment transférer ses émissions de CO2 sur l’Australie

Par Frédéric Livet sur site Sauvons le Climat

La catastrophe du tsunami de Sendai a causé 20000 décès, dont, à ce jour aucun ne provenant d’une cause nucléaire comme le démontre le rapport de l’UNSCEAR.

Concernant les suites de l’accident de Fukushima, le « rapport de l’UNSCEAR (Comité Scientifique des Nations Unies pour l’Etude des Rayonnements Ionisants) à l’Assemblée Générale des Nations Unies » intitulé « Niveaux et conséquences de l’exposition aux radiations dus à l’accident nucléaire survenu à la suite du grand tremblement de terre et du tsunami dans l’est du Japon » a fait l’objet de la résolution A/RES/68/73 de l’Assemblée Générale des Nations Unies, qui l’a examiné le 11/12/2013. Les conclusions du Rapport (Volume I-Scientific Annexe A) sont les suivantes :

Concernant les populations et les travailleurs

  • « Aucun décès ou maladie grave dû à la radioactivité n’a été observé parmi les travailleurs et le public exposé aux radiations suite à l’accident ».
  • « Aucune conséquence perceptible due à l’effet des radiations [liées à l’accident nucléaire] n’est attendu pour le public exposé et leurs descendants ». (p.10, § 38 et 39). )

Toutefois, par la suite, les autorités japonaises ont accepté, sans toutefois l’attribuer à la radioactivité, de prendre en compte financièrement les conséquences d’un décès par cancer d’un travailleur intervenant à la suite de l’accident, cancer dont les multiples causes possibles ne permettaient pas de discriminer de façon certaine son origine.

Mais le Japon a arrêté toutes ses centrales nucléaires, qui assuraient 29% de sa production électrique, en baissant de 5% sa consommation et en compensant par un plus grand recours aux fossiles, le gaz passant de 29 à 46% du mix, le charbon de 25 à 31% et le pétrole de 8 à 11%. Confronté en conséquence à une forte augmentation des de ses émissions de gaz à effet de serre, plus de 20%, et très sensible à sa sécurité énergétique, toutes ses énergies fossiles étant importées, le Japon redoute un manque de fiabilité politique de ses fournisseurs de gaz.

Le gouvernement de Monsieur Abe a approuvé un plan 2030 proposant de remettre en service le maximum de nucléaire et de faire appel au charbon australien jugé sûr. Le mix visé pour 2030 se décomposerait ainsi:

  • charbon 26%
  • gaz 27%
  • nucléaire 20-22%
  • solaire 7%
  • éolien 2%
  • hydraulique 9%
  • autres 4%

Aujourd’hui, le Japon n’est arrivé qu’à redémarrer 10 réacteurs et n’a pas réglé la question de ses engagements climatiques. Ses émissions par habitant se situent au niveau de celles de l’Allemagne, soit le double de celles de la France.

Un nouveau projet d’utilisation massive d’hydrogène propre est-il en mesure de l’aider à améliorer sa situation concernant le climat ?

L’hydrogène sera produit à partir de lignite australien, puis comprimé pour être liquéfié, transporté par navire spécialisé comme le gaz naturel liquéfié, puis utilisé au Japon pour produire du méthane, de l’électricité ou encore être distribué comme carburant propre pour le transport contribuant ainsi à assainir l’atmosphère des villes. La capture du gaz carbonique  ainsi produit est simplement évoquée, mais aucun engagement portant  sur un projet concret la concernant n’accompagne celui de l’hydrogène australien.

Frédéric Livet en faisant l’inventaire des différents rendements et performances des multiples stades de fabrication et de transformation est arrivé à un équivalent final en gaz carbonique du méthane ainsi disponible au Japon de 1400g de CO2/KWh, contre 480g et 50g pour les électricités allemandes et françaises, et 800g et 360g pour celle qui est produite au Japon à partir de charbon et de gaz importés, ce qui lui permet de conclure ainsi :

Le plan hydrogène japonais, ou comment transmettre ses émissions de CO2 sur  l’Australie.

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