Les énergies renouvelables peuvent-elles sauver, seules, le climat ?

La réponse de l’Académie des Sciences à cette question est claire :

«  Dans l’état actuel du débat, nos concitoyens pourraient être conduits à penser qu’il serait possible de développer massivement les énergies renouvelables comme moyen de décarbonation du système énergétique en se débarrassant à la fois des énergies fossiles et du nucléaire. Ce n’est malheureusement pas le cas. »

Pourquoi, peut légitimement demander le citoyen, alors que le GIEC cite dans toutes ses recommandations le développement des énergies renouvelables, mais aussi le nucléaire comme solutions.

C’est au cas par cas, en tenant compte des spécificités de chaque pays et de ses objectifs en termes d’émission de gaz à effet de serre, que l’on peut décider de l’opportunité du développement de chaque moyen et de sa part possible, notamment hydraulique, solaire, éolien, biomasse et nucléaire.

Beaucoup de pays, considérant que la création d’un système électrique fiable était une condition de base de leur développement l’ont construit à partir de centrales au charbon, moyen le plus économique aujourd’hui, et/ou ressource disponible localement, complétées parfois par du gaz. Dans ces systèmes l’injection de renouvelables permet de baisser la pression des moyens à base de fossiles, donc d’économiser des coûts combustibles qui représentent une part significative de celui du kWh produit (jusqu’à 50%), tout en gardant la sécurité de leurs capacités.
Parfois l’offre solaire y est parfois parfaitement synchrone avec une forte demande de climatisation.

Des pays disposant de vastes ressources hydrauliques assurant toutes les formes de stockages nécessaires à la compensation de l’intermittence de l’éolien et du solaire peuvent même envisager d’atteindre ou d’approcher le 100% renouvelables.

Dans des zones tropicales qui ne connaissent pas les alternances hiver-été et dépourvues de réseaux, les panneaux solaires qui y produisent trois fois plus qu’en France, complétés par des batteries peuvent apporter avec compétitivité les principaux bénéfices de l’électricité à des populations souvent dispersées.

Tout autre est la situation de la France, pays tempéré connaissant une demande hivernale forte, et dont le potentiel hydraulique est déjà très largement équipé. (L’hydraulique fournit 12% de notre électricité). Lorsque le soleil ou le vent permettent la production d’énergie électrique, la baisse de pression opérée sur le parc nucléaire n’apporte rien sur la décarbonation de l’électricité, ni sur les économies de combustible, ce dernier représentant moins de 10% du prix de revient du kWh produit. Le nucléaire, en programmant ses entretiens, fait passer sa production de 38 GW en août à près de 60 au coeur de l’hiver. Or dans toute l’Europe de l’ouest, on peut connaitre des périodes d’une dizaine de jours pendant lesquelles l’éolien ne fournit que quelques % de ses capacités, et le soleil ne produit plus rien après 17h en hiver. Seuls des systèmes de stockages massifs à long terme, donc inter saisonniers, fiables et compétitifs, pourraient réguler en fonction des besoins les productions du solaire et de l’éolien. Or il n y a aucune perspective de disposer de tels stockages dans un avenir prévisible.