L’aluminium dans l’angle mort de la politique électrique européenne

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Publié le 16/03/2022

Lecture pour ce week-end : la Lettre Géopolitique de l’Electricité « Un révélateur des errements de la politique européenne de l’électricité : l’aluminium »

Dans sa Lettre d’avril 2019, Géopolitique de l’Electricité décrivait la situation de l’approvisionnement en aluminium de l’Union Européenne, illustrant l’urgence d’une révision de la politique européenne. Comme pour le gaz, les circonstances actuelles sont un douloureux rappel à l’ordre :

« Les Etats de l’Union Européenne ont jeté l’éponge : leur industrie électrique fragilisée par la transition énergétique [telle qu’elle est menée] est de moins en moins apte à alimenter les fonderies d’aluminium. L’UE est désormais tributaire à 70% de l’extérieur pour ses besoins primaires en ce métal, essentiel pour toute économie du 21ème siècle. La fonderie de Dunkerque, la plus importante de l’Union, alimentée par [la centrale nucléaire de Gravelines] fait exception.

Les fournitures de Rusal, entreprise proche du Kremlin sont indispensables. On l’a bien vu en 2018, lorsque ses clients ont été menacés de sanctions américaines. Ce qui les aurait amenés à se tourner vers le nouveau géant de l’aluminium, la Chine, dont les exportations « tuent lentement » ce qui reste de l’industrie européenne (dixit la profession). »

Voilà où en était l’UE il y a trois ans. 70% de l’aluminium importé, avec le choix comme fournisseurs entre la Russie et la Chine (qui produisit, en 2018, 57% de l’aluminium mondial à partir de l’électricité tirée du charbon). Il est vrai que des Etats du Moyen Orient étaient prêts à se lancer dans la production d’aluminium… à partir du gaz naturel dont le prix, depuis, a largement évolué.

Les besoins en aluminium de l’Union Européenne vont augmenter de 35 à 40% d’ici 2050. L’aviation n’existerait pas sans aluminium. En 1990, chaque voiture en comportait de 40 à 80 kg. En 2025, cela sera 250 kg. Une électricité abondante et bon marché est indispensable pour fabriquer ce métal. Comme a dit un grand industriel du secteur : « L’aluminium, c’est de l’électricité solide ».

« On notera par ailleurs que Chine et Russie sont en concurrence frontale pour les ventes d’aluminium. Dans ce domaine, la Chine ne doit pas regretter les sanctions européennes à l’encontre de la Russie.

Il est absolument nécessaire, pour ne pas dépendre de manière inadmissible d’exportateurs posant problème, que l’UE revoie sa politique énergétique en ne négligeant pas certaines énergies comme le nucléaire. »

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