La désinformation scientifique en France

Chers amis,

Après les festivités de Noël,
une Nouvelle Année s’annonce pleine d’interrogation mais aussi d’espoir et d’opportunités  !

Et on va la commencer par un sujet qui nous préoccupe très particulièrement :

La désinformation scientifique en France

commence dès le collège

Et c’est un très mauvais signe dans le pays berceau des Lumières, la France qui, avec ses scientifiques de haut niveau, a largement contribué au Siècle des Lumières. Une période de découvertes majeures qui dépassa l’obscurantisme et promut les connaissances dans toute leur objectivité possible.

Par
Benjamin Torchio – Directeur de setec nucléaire,
et
Guillaume Peyron – Ingénieur projet nucléaire

La France, avec ses scientifiques de haut niveau, a largement contribué au Siècle des Lumières. Une période de découvertes majeures qui dépassa l’obscurantisme et promut les connaissances dans toute leur objectivité possible.

Nombre de scientifiques de cette période, de toutes nationalités, sont désormais célèbres pour l’éternité, leur nom ayant fréquemment été associé à leur découverte, qu’il s’agisse d’une équation (Euler, Bernoulli, Laplace, Lagrange) ou d’une unité caractéristique (Coulomb, Volta).

Et bien que le Siècle des Lumières prît fin à la Révolution Française, la lutte contre l’obscurantisme et la promotion du progrès scientifique et philosophique continua.

Cela passa notamment par l’Education Nationale et l’école obligatoire pour tous. Etape nécessaire pour diffuser la connaissance au plus grand nombre et réduire les inégalités entre individus.

Cet engagement pour la diffusion des connaissances, caractérisé par son progressisme et son universalisme s’exprima notamment par la force de Marie Curie (née polonaise, naturalisée française), qui devint en 1903 la ère femme récompensée par un prix Nobel (physique) avant d’en recevoir un second en 1911 (chimie)a.

Pour notre plus grand malheur et surtout pour celui de nos enfants, l’esprit même du Siècle des Lumières, marqueur fort des racines de notre pays et de son génie inventif, est en passe d’être relégué aux oubliettes par une partie essentielle de ses gardiens, nos enseignants (pas tous, précisons-le).

En effet, prenons un texte choisi (pas tellement) au hasard et utilisé comme support de cours/réflexion/(propagande ?) au collège : La maison verte, de Mikaël Ollivier (Editions Thierry Magnier, 2008)b

Les premiers résultats sur Google le situent très clairement dans la sphère « éducation nationale ». Il fut même le sujet de brevet blanc de l’épreuve de Français dans un collège de l’académie de Versailles en janvier 2015c.

Au-delà du fait que ce pamphlet aborde un présupposé antagonisme entre la morale de la protection de l’environnement et sa mise en œuvre par des incitations fiscales, ce qui est hors de portée de nos collégiens, il est aussi et surtout un dangereux ramassis de contre-vérités sur la filière nucléaire et parmi elles :

  • La retraite à 45 ans du papa du personnage principal évoqué dans le texte qui travaille à la centrale nucléaire du coin (Bravo pour le message envoyé sur des soi-disant privilégiés avec leur retraite)
  • Les fruits et légumes qui mutent à proximité de la centrale : “Charger le four à bois. OK. Cueillir une tomate pour le diner (portez-là à 2 pour ne pas vous faire mal au dos). FAIT”
  • L’obligation de prendre quotidiennement des cachets d’iode lorsqu’on habite à proximité d’une centrale nucléaire : “Prendre vos cachets d’iode. OK.”
  • Les travailleurs du nucléaire qui deviennent fluorescents : “J’aime, chaque soir, quand il traverse la cour et qu’il scintille dans la pénombre »

Extrait de ce texte pour illustrer cette désinformation rampante
Explication des mots et phrases issus du texte présenté en Brevet blanc (voir iii)

Formulaire de questions accompagnant le texte (voir ii)

Version annotée à la main par un professeur

L’obscurantisme commence à envahir nos écoles, par de petits gestes, par de petits textes. Et c’est dangereux car ce n’est qu’au Lycée qu’on apprend à lire entre les lignes d’un texte, que l’on commence à prendre du recul.

Dans la suite du texte, le personnage principal suit des cours d’éco-civisme au collège, une matière déclarée aussi importante que l’anglais et la physique… nucléaire !?? Oui, oui. Vous avez bien lu, le personnage principal suit des cours de physique nucléaire, au collège.

Ce petit passage est savoureux car si le collège donnait réellement des cours de physique nucléaire, l’obscurantisme rampant que nous dénonçons serait immédiatement chassé par l’esprit des Lumières.

Ce serait une avancée, qu’effectivement, dès le collège, des cours de physique nucléaire soient dispensés. Les générations futures seraient alors instruites avec des informations les plus objectives possibles.

Il ne s’agit là que d’un exemple illustrant que la raison commence, petit à petit, à être chassée de son temple, et que cela fait partie d’un phénomène national et mesuré.

En effet, en juin 2019, l’institut de sondage BVAd révélait les résultats d’une étude, qui doit nous servir d’électrochoc sur cet obscurantisme rampant concernant le nucléaire.

A la question : “Selon vous, le nucléaire contribue-t-il à la production de gaz à effet de serre (CO2) et au dérèglement climatique ?”, 69% des sondés ont répondu OUI avec la répartition suivante : Femmes 79%, CSP- 80% et surtout 18-34 ans 86% !!!

86% de notre jeunesse, celle qui va nous succéder, est convaincue que le nucléaire contribue au dérèglement climatique. Alors que selon le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat), il ressort que le nucléaire a une empreinte carbone identique à l’éolien (12 gCO2eq/kWh, valeur médiane), 4 fois moins que le photovoltaïque, 70 fois moins que le charbon / lignite !

Ça chauffe, la maison brûle mais l’urgence environnementale enseignée à nos enfants n’est pas la chasse aux gaz à effets de serre mais la chasse à l’énergie nucléaire.

Toute activité humaine est génératrice d’une forme de pollution. Mais, par ignorance (voir négation) de la réalité des faits, on préfère stopper la production de déchets confinés et en quantité faible plutôt que de stopper la production de déchets rejetés librement au vent et en quantités astronomiques.

La première des urgences est donc l’instruction objective. Il est nécessaire que la physique nucléaire, la radioactivité (naturelle et artificielle) soient abordées au sens large, même de manière simplifiée, dans le cadre d’un enseignement commun à tous.

Chacun doit savoir que la nature est naturellement radioactive. Que prendre l’avion, faire un scanner, une radio à l’hôpital sont des sources de radioactivité. L’exposition au soleil n’est pas plus différente dans le principe que l’exposition à certains rayonnements. Ce sont des photons qui nous percutent. Tout est question de dose.

Cet enseignement commun est nécessaire pour que, quel que soit le niveau d’instruction que chaque enfant atteindra, il ait eu accès à une information objective sur la réalité du monde qui l’entoure. Cela fait partie du rôle de nos gardiens des Lumières, de permettre à chaque citoyen en devenir, d’avoir un regard éclairé sur le monde.

Maintenant c’est le moment d’agir 
pour chacun de nous

Pour ce faire, plusieurs voies doivent être activées en même temps.

Vous êtes travailleur dans le domaine du nucléaire au sens largee?

Alors n’ayez pas le nucléaire timide. Faites connaitre votre métier autour de vous.

Proposez-vous pour parler à l’école, au collège, au lycée ou dans des forums de votre métier au quotidien. Témoignez de ce que vous connaissez avec vos mots. Démystifier le domaine dans lequel vous travaillez, l’impact des rayonnements ionisants sur vos activités et comment vous vous en protéger.

N’hésitez pas également à vous rapprocher de l’association Voix du Nucléaire pour proposer votre aide, pour témoigner ou autre. L’association vous rapprochera d’initiatives locales ayant pour objectif cette mission d’information.

Ou même, soyez à l’origine de cette initiative locale.

Ces petits gestes sont nécessaires pour aider à éclairer chacun de nous sur ce sujet.

Vous n’êtes pas travailleur dans le domaine du nucléaire au sens large ?

Alors soyez ouvert et curieux. Il existe de nombreux sites web intéressants sur le sujet.

Et la base, la référence des sites web à découvrir, est celui de l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN), autorité administrative indépendante de réglementation, de contrôle et d’information au public avec de super supports visuels d’explication (https://www.asn.fr/Informer/Exposition-ASN-IRSN).

Là aussi, vous pouvez vous rapprocher de l’association Voix du Nucléaire pour solliciter des éclaircissements sur un domaine ou vous mettre en relation avec les initiatives locales d’information sur les thèmes du domaine.

Les Voix du Nucléaire trouveront un (ou plusieurs) bénévole(s) pour répondre à vos questions, ou intervenir pour parler d’un sujet, défini préalablement en amont de l’intervention.

a – 1903, Prix Nobel de Physique pour ses travaux sur les radiations, avec son mari Pierre Curie, et Henri Becquerel
– 1911, Prix Nobel de Chimie pour ses travaux sur le polonium et le radium

bLe livre scolaire.- manuel

cMikael Ollivier “La maison verte”

dEtude BVA pour le compte d’ORANO : Les Français et le nucléaire : Connaissances et perceptions, sondage réalisé du 4 au 27 avril 2019 – Sondages BVA

eIngénieur, médecin, vétérinaire, pilotes et personnel navigant commercial, diagnostiqueur immobilier, tous ceux qui travaillent avec du rayonnement ionisant

2020 !

 

A tous nos adhérents,
sympathisants,
lecteurs occasionnels…

 

Les Voix du  Nucléaire 

vous souhaitent une heureuse et prospère

 

Nouvelle Année 2020 !

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