Géologues de genie ou colporteurs de fake news ?

Certains journaux n’en finiront jamais de nous épater !

Il y a quelques semaines, un journaliste du Monde, aidé il est vrai par l’AFP, a découvert rien de moins que les deuxièmes réserves mondiales d’uranium, au fin fond du Brésil et ça sans bouger de son bureau de Paris ! sans compétences en géologie non plus, bien sûr, tout le monde n’est-il pas compétent en tout aujourd’hui ? « Au Brésil, Bolsonaro veut exploiter la réserve de Raposa Serra do Sol » peut-on lire. Mais si l’on consulte la carte des gisements mondiaux d’uranium, éditée en juin 2018 par l’AIEA  (Agence internationale de l’énergie atomique, ONU) ou les bases de données de l’AIE (OCDE), nulle trace d’uranium aux alentours de la réserve de Raposa Serra Do Sol !

Alors, désinformation volontaire ou automatisme de pensée qui associe tout ce qui touche de près ou de loin le nucléaire au mal absolu ? Qui sait ! Car si le nouveau président du Brésil, qui ne jouit pas d’une grande sympathie dans la presse française, est prêt à bouleverser l’écosystème de l’Amazone, à déplacer des populations autochtones, le coupable ne peut être trouvé que dans l’incarnation même du mal, l’uranium bien sûr.

En tous cas pour lutter contre ce « nucléaire bashing » systématique, signalez-nous tous les exemples de désinformation dans l’espace public que vous remarquez, surtout lorsqu’ils sont implicites comme ici. Nous enquêterons et en parlerons dans notre rubrique sur la fabrique de l’opinion.

 

Rouge-rose : roches granitiques   Vert : roches sédimentaires  Bleu : roches métamorphiques

Le premier gisement brésilien, selon la norme de calcul internationale est le n°80 sur la carte (indiqué par une croix grise) et se classe au 20ème rang mondial. Il n’y a à ce jour aucune mine d’uranium exploitée au Brésil. Il n’y a aucun gisement d’uranium identifié à ce jour dans la réserve Raposa Serra do Sol, selon l’AIEA.

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