Californie : bilan discutable de la transition

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Publié le 18/10/2021

Se passer du nucléaire, à quel prix ?
La Californie, exemple numéro 2 après l’Allemagne… de ce qu’il ne faut pas faire en matière de transition énergétique.

Face aux coupures à répétition et à la dégradation de la fiabilité de l’approvisionnement électrique, ceux qui en ont les moyens s’équipent, et il y a maintenant assez de générateurs diesel de secours en Californie pour alimenter 15 % du réseau électrique de l’État. Un problème majeur pour la pollution de l’air, et le climat.

L’occasion de revenir sur la situation du “Golden State” cet été… 🧵

Pour le contexte, en 2015 la Californie avait déjà dépensé plus de 170 milliards de dollars pour une transition électrique focalisée sur le solaire et l’éolien, délaissant les moyens pilotables.

Cela s’est soldé par une vulnérabilité accrue du système électrique, et une dépendance hors norme aux importations.

Le 30 juillet dernier, le gouverneur Gavin Newsom proclamait l’état d’urgence sur l’approvisionnement électrique.
L’État était à nouveau touché par des conditions météo difficiles, en particulier une vague de chaleur.

Le communiqué du gouverneur évoquait :
– Un approvisionnement en eau difficile
– Des barrages devant réduire ou arrêter leur production
– Des lignes électriques situées en zone d’incendies actifs
– Un mécanisme de capacité insuffisant pour palier le manque de réserves
– 3,5 GW manquants en 2021, 5 GW l’an prochain

Conséquences : des demandes et incitations financières aux économies d’électricité. Mais aussi la suspension des exigences réglementaires sur la qualité de l’air, et de celles sur les nouvelles capacités de production ou de stockage (batteries).

Dans la foulée, pour éviter les black-outs, le feu vert a été donné à 5 nouvelles centrales au gaz.

Tout ceci alors que l’État a décidé de fermer sa dernière centrale nucléaire, Diablo Canyon, qui a produit en 2020 l’équivalent de 60% de son photovoltaïque, ou 118% de son éolien (après avoir perdu plus de 2 GW en 2011-2013 avec la fermeture de la centrale ⚛️ de San Onofre). “La Californie n’aura qu’à s’adapter” dit cet éditorialiste. On voit comment.

La Californie passe pour un exemple de transition énergétique, mais il y a une réalité sombre derrière cette image : la construction d’importantes capacités gaz, et diesel sous la forme de groupes électrogènes privés.

L’insuffisance de capacités pilotables bas-carbone sur un réseau électrique n’est pas seulement mauvaise pour le climat. Cela mine également la fiabilité de l’approvisionnement électrique et la solidarité énergétique, qui comptent parmi les ciments silencieux de nos sociétés.

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